4 Commentaires
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Avatar de EmMa

J'ai adoré Les Rivières de Mai Hua 🤩 et les 2 épisodes Tout sur nos mères. Mal de mère et Pardonner à nos mères sont dans ma pile. C'est un sujet crucial. Il est difficile de s'en prendre à nos mères tant les mères sont tenues responsables de tous les maux, le plus souvent à tord. Pourtant, leur violence détruit. Pour moi ce fut comme un enseignement : ma mère m'a appris à me faire du mal. Il m'a fallu du temps en thérapie pour retrouver le chemin vers l'envie de vivre. Aujourd'hui, je suis consciente, aussi, que la violence est un système dont les mères seules ne peuvent être tenues responsables. En France un enfant meure de ses parents tous les 5 jours. En Suède c'est tous les 2 ans. En tant que société, nous avons notre part de responsabilité. Ça n'empêche pas que je ne pardonne pas à ma mère. Je suis du côté de l'enfant.

Avatar de Mariane Fiori

Cette question n'est pas nouvelle, elle s'est toujours posée. Il convient de faire la part de la mauvaise foi intellectuelle : dénoncer une mère abusive c'est affirmer dans le même temps une relation dont l'essence est la rivalité

Avatar de Artemis Richards

Lors de ton article précédent "Des héroïnes au printemps", j'avais déjà envie de laisser un commentaire, ce qui est un tour de force car je commente très très peu. Le commentaire prenait vie en moi hier, particulièrement sur la question du choix et de l'ambivalence face à la maternité. Et puis je lis ce nouveau texte, résonance directe !

En ce qui me concerne, l'ambivalence face à la maternité m'a habitée des années. J'ai avorté deux fois parce que je ne me sentais pas prête, d'abord parce que j'avais conscience que j'allais reproduire le schéma destructeur, ensuite parce que je ne voulais pas être liée au père à travers l'enfant, et surtout je ne voulais remplir le devoir vis-à-vis des grands-parents. Je me sentis seulement prête après 35 ans, alors que mon chemin personnel semblait plus apaisé, et que j'avais la sensation d'être avec la bonne personne et de pouvoir être accueillante pour un enfant. Mais patatra, 7 fausses-couches en 4 ans, un corps déglingué et un deuil qui a duré 13 ans, mais... la naissance d'un conte sur le sujet et le retour à l'essentiel. Bon, le prix est élevé, mais c'est mon chemin. Entre les injonctions sociétales qui continuent de dire sournoisement que tu n'est RIEN si tu n'es pas mère, et la relation mère-fille catastrophique (élargie à la relation parents-fille), la culpabilité a longtemps été collée à cette ambivalence. Oui, la rivalité fut toujours présente, mais bien moins que sa haine vis-à-vis de mon existence. Finalement, je me dis qu'être ambivalente est une peine supplémentaire plutôt que d'être claire sur son choix d'avoir des enfants ou pas.

Si, aujourd'hui, comme toi, je chéris aussi la liberté et le temps dont je dispose pour prendre soin de moi et de cette petite fille intérieure qui vécut l'enfer du désamour et de la maltraitance dans tous les sens, sache que non, tu ne m'agaceras pas (je ne parle que pour moi of course, mais je gage que d'autres partageront mon avis ;-)) et je ne te trouverai pas futile et paresseuse en nous écrivant du haut de ton adolescente intérieure. Hi hi hi.

Je ne suis pas encore parvenue à redresser le cataclysme que ces épisodes ont provoqué dans ma vie et être financièrement autonome, mais j'y travaille activement. J'ai d'ailleurs écrit un texte ici ce mercredi sur la question de l'argent (que je vais développer) parce que je vois trop de femmes dans le même cas que moi. Et grâce à des textes comme le tien, ça me montre que j'ai raison de croire que c'est possible, et ça me donne la force de continuer pour que cette réalité devienne aussi la mienne, et celle d'autres femmes autour de moi. J'ai même envie de te proposer de ne jamais sous-estimer la force du témoignage qui se propage et de la motivation qu'il apporte.

Merci pour ces deux textes et ceux à venir, — oui je ne suis qu'une "jeunette" sur cette plateforme (de 53 balais :-D, :-D, :-D) et ce sont les premiers pour moi ici, après ton livre —.

Au plaisir de te lire davantage.

Avatar de Kharadze

Maltraitée par ma mère, mal aimée et jamais comprise, c'est le plus gros des demons qui me poursuit. J'avais constamment peur d'elle. J'ai mis beaucoup d'énergie à essayer de ne pas lui ressembler quand je suis devenue mère à mon tour.