Si le désir ne se réduisait pas à la sexualité, mais constituait une manière d’habiter le monde tout entier ? Et si l’écologie passait par une révolution sensible ? Dans cette deuxième conversation avec mon invitée Myriam Bahaffou, les choses deviennent encore plus déstabilisantes — et encore plus jouissives.
Elle s’attaque ici à l’un des piliers de notre modernité : l’idée du sujet. Ce moi fermé, délimité, souverain, maître de lui-même — qui est aussi, dit-elle, le fondement du capitalisme, du patriarcat, et de notre incapacité à faire de vraie pensée écologique. Elle propose autre chose : composter l’ego. Se percevoir comme un tissu de relations, de fermentations, de rencontres choisies et subies. Reconnaître qu’on est pénétré par le monde à chaque instant — par l’air qu’on respire, les traumatismes qui nous habitent, les atomes partagés avec les dinosaures.
Il est aussi question des féministes qui se transforment en policières de leur propre désir. Des sociétés analgésiques qui nous…












